Politique & Média
Le bus du futur pour la Chine
par Faiçal le 08.août, 2010, dans la catégorie Actualité du Net, Actualité High-tech, Culture, Inclassable, Politique & Média
Face à un trafic routier complètement engorgé, la Chine travaille sur un moyen de transport en commun totalement inédit puisqu’il s’agit d’un bus géant qui passerait au-dessus de la circulation ! Ce projet dévoilé lors de la Beijing International High-tech Expo en mai, semble assez fou et pourtant, la société Shenzhen Hashi Future Parking Equipment Co., Ltd serait bel et bien en train de réaliser un premier modèle. Pour l’instant, destiné au quartier Mentougou à Beijing (Pekin), ce bus d’une hauteur d’environ 4,50m roulera sur des petits rails et offrira deux étages avec en bas une hauteur de 2m pour que les véhicules puissent circuler à travers, alors qu’en haut 1200 à 1400 passagers pourront s’entasser. Il fonctionnera à l’électricité, mais aussi à l’énergie solaire, pour une vitesse de pointe jusqu’à 60 km/h. Le projet de ce bus démesuré couterait dans les 500 millions yuan (environ 74 millions de dollars) avec les 40km de rails compris. Fake ou pas ?

via chinahush et merci à tous pour le lien ![]()
TrueCrypt à l’épreuve du FBI
par Faiçal le 30.juin, 2010, dans la catégorie Hacking, Inclassable, Politique & Média, Sécurité

Très joli coup de pub pour l’outil de chiffrement open source, TrueCrypt, qui a été utilisé par Daniel Dantas, un banquier brésilien mouillé jusqu’au coup dans des histoires de blanchiment d’argent et de corruption de fonctionnaires. En effet, lors de son arrestation en juillet 2008, le « National Institute of Criminology » brésilien avait tenté pendant 5 mois (jusqu’en décembre) de cracker la protection avec une attaque en bruteforce.
Sans succès… Ils ont alors passé la main aux USA qui avec l’aide du FBI a tenté entre autre de bruteforcer le disque chiffré pendant plus de 1 an… toujours sans succès.
Daniel Dantas a effectivement choisi un bon gros mot de passe. A titre indicatif, à une vitesse de 500 000 mots de passe testés à la seconde par 10 ordinateurs en cluster, il faudrait exactement 17 mois pour trouver un bête mot de passe de 8 caractères (minuscules/majuscules/chiffres). Mais si Daniel Dantas a poussé le vice à utiliser un mot de passe avec 10 caractères et des signes de ponctuation dedans, il faudra 31 662 années pour déchiffrer tout ça.
Finalement, le FBI a rendu le matos au Brésil, laissant les preuves dormir au chaud.
Même si c’est « dommage » en terme de justice, d’un point de vue purement informatique, c’est rassurant sur la fiabilité de Truecrypt…
[Source]
Source Korben
Femmes d’influence
par Faiçal le 24.nov, 2009, dans la catégorie Politique & Média
Brillantes en classe et à l’université, elles s’imposent de plus en plus dans les milieux économiques et culturels. Quant aux trop rares élues, lorsqu’elles entrent en politique, ce n’est pas pour faire tapisserie.
SAÏDA BRAHIM BOUNEB
Maire de Kouba
A l’écoute des citoyens
Ni les insultes ni les agressions auxquelles elle a dû faire face à l’approche du scrutin n’ont eu raison de la volonté de Saïda Brahim Bouneb de briguer un mandat électoral.
Psychologue de formation, cadre supérieur au ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale, mais aussi « psy » attitrée de l’émission télévisée Koul Chai Moumkin (« Tout est possible », remake de Perdu de vue), Saïda Bouneb savait que le pari était difficile lorsqu’elle s’est présentée comme tête de liste du Front de libération nationale (FLN, au pouvoir) aux élections municipales du 29 novembre 2007.
Elle a choisi le parti du FLN en fille de révolutionnaires, « tout simplement parce que mon père est moudjahid et ma mère fille de chahid [martyr] », explique-t-elle, et cela faisait déjà plus d’un an qu’elle était responsable de la kasma (section) de Kouba, la circonscription où elle s’est présentée et où elle a passé quarante ans, quasiment toute sa vie. Mais la plus grande commune de la capitale a la réputation d’être un fief islamiste : c’est dans ce quartier populaire des hauteurs d’Alger qu’Ali Benhadj, leader islamiste, attirait des milliers de fidèles lors des prêches qu’il animait au début des années 1990. N’empêche, Saïda Brahim Bouneb a été élue haut la main.
Très à l’écoute des citoyens – c’est ce que disent ses administrés –, elle œuvre à faire de Kouba une commune où il fait bon vivre. Et de sa mairie un modèle de gestion et de bonne gouvernance.
LOUIZA AMMI
Photographe de presse
Objectif Algérie
Il n’y a sans doute pas un bout de l’âme algérienne qui n’ait été saisi par l’objectif de Louiza tant elle a promené sa frêle silhouette aux quatre coins du pays. Elle a plongé dans l’univers de la photographie grâce à son frère, revenu des États-Unis avec un appareil photo. Depuis, elle vit l’objectif chevillé au corps. Et avoue que la photographie est aussi indispensable pour elle que l’air qu’elle respire.
Chef du service photo au quotidien Liberté, à 36 ans, cette boule d’énergie est déjà un vétéran parmi les femmes reporters-photographes officiant dans la presse algérienne. « Au début des années 1990, se souvient-elle, nous n’étions que deux ou trois. Faire travailler des femmes dans les labos était presque mal vu. Aujourd’hui, la profession s’est largement féminisée. »
La frêle Louiza a couvert les massacres et les tueries durant la décennie sanglante, notamment à Ramka et Had Chekala, en 1997. Un documentaire de la chaîne française Canal+ l’a alors suivie en reportage. En larmes. Révoltée. Sans jamais lâcher son objectif. Émouvante.
Son souhait ? Organiser des expositions à travers le monde pour montrer les visages multiples de son pays.
LEÏLA HADJ ARAB
Députée
Une parlementaire de terrain
Avocate des démunis et des laissés-pour-compte, elle comptait parmi ses clients les victimes des événements de Kabylie, qui ont fait 126 morts au printemps 2001. « Le militantisme me coule dans les veines », explique-t-elle. Et, lorsque le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) lui propose de se porter candidate à la députation, en mai 2007, dans la circonscription de Tizi-Ouzou, elle n’hésite pas une seconde.
Seule femme parmi les 19 députés que compte son parti – elles ne sont que 30 dans tout l’Hémicycle, sur 389 élus –, Leïla Hadj Arab n’est pas du genre à se morfondre sur son siège. Membre de la commission Santé et Affaires sociales, elle est connue pour être une femme de terrain et réputée pour son franc-parler. « Elle est l’un des rares députés de l’Assemblée à prendre régulièrement la parole pour interpeller les membres du gouvernement », dit d’elle un collègue.
AHLEM MOSTEGHANEMI
Poète et romancière
La plus lue du monde arabe
« Elle s’est imposée comme l’une des voix les plus importantes du roman arabe », disait d’elle le réalisateur égyptien Youssef Chahine. À 55 ans, cette Constantinoise née à Tunis, qui vit à Beyrouth depuis 1994, est en effet l’auteure la plus lue dans le monde arabe et la première algérienne à écrire en arabe dont les romans ont été traduits en anglais. C’est son père, Mohamed Cherif, ancien militant du PPA (Parti du peuple algérien) et haut fonctionnaire, qui lui donna le goût de la poésie et des auteurs classiques. À 18 ans, Ahlem anime déjà une émission de radio à succès, Hamassat (« Littérature et mélodie »), et publie quelques articles. Quelques années plus tard, en 1976, elle obtient une licence de lettres arabes à la faculté d’Alger puis, en 1982, un doctorat en sciences sociales du Maghreb à la Sorbonne (couronné par une thèse intitulée « Algérie, femmes et écriture »).
Mariée à un homme de médias libanais sympathisant de la lutte algérienne et journaliste, Ahlem passe à l’écriture de romans, dont la trilogie Mémoires de la chair (Dhakirat al-djassad, 1993), Le Chaos des sens (Fawdha al-hawas, 1997) et Passager du lit (Aber Sarir, 2003). Mémoires de la chair lui a valu le prix Naguib-Mahfouz, l’équivalent du Goncourt arabe, et le prix Nour de la meilleure œuvre féminine en langue arabe. Depuis juin 2008, elle est ambassadrice de bonne volonté des Nations unies.
RYM OTHMANI
Directrice générale de MMC-DDB
Une affaire de communication
Cette diplômée de l’université de Paris-Dauphine aurait pu faire carrière en France ou en Tunisie, son pays d’origine. Avec un mari entrepreneur – il est le patron de la Nouvelle Conserverie algérienne de Rouiba (NCA) –, elle aurait aussi pu se contenter de rester à la maison ou de faire du shopping. C’est bien mal la connaître…
À 46 ans, mère d’une adolescente de 16 ans, Rym Othmani n’a jamais joué les femmes au foyer. Dès le début des années 1990, elle décide de rentrer en Algérie avec son époux, Slim, et, en 1996, alors que le pays est au plus mal, elle fonde une agence de publicité et de conseil en communication : MMC. Treize ans plus tard, le groupe, partenaire de DDB (le numéro deux mondial du secteur), est établi à Alger et à Tunis. Il compte dans son portefeuille clients les plus gros annonceurs du marché. « En Algérie, explique Rym Othmani, le marché de la pub pèse 100 millions d’euros. Mais il faut jouer des coudes pour avoir sa part du gâteau. » Et d’ajouter : « La communication est un univers très masculin. Il faut se battre comme deux hommes pour pouvoir exister. »
MAÏSSA BEY
Ecrivaine
L’ultime rempart des mots
C ontrairement à bon nombre de ses compatriotes romanciers, elle a décidé de ne pas quitter son pays, notamment pour mieux témoigner du sort des femmes, une cause qui lui tient à cœur. Samia Benameur, alias Maïssa Bey de son nom de plume, est une écorchée vive. « À tous ceux, dit-elle, qui me demandent pourquoi j’écris, je réponds qu’aujourd’hui je n’ai plus le choix, parce que l’écriture est mon ultime rempart. Elle me sauve de la déraison et c’est en cela que je peux parler de l’écriture comme d’une nécessité vitale. »
Après avoir suivi des études universitaires de lettres à Alger, Maïssa Bey enseigne le français à Sidi Bel-Abbès (à 80 km au sud-ouest d’Oran), où elle réside encore aujourd’hui, et préside l’association Paroles et écritures.
Elle publie son premier roman en 1996, Au commencement était la mer. De romans en nouvelles et en pièces de théâtre, Maïssa Bey a, depuis, décroché de nombreux prix littéraires, en Algérie et dans le monde francophone. Le dernier ? Pas plus tard qu’en novembre 2008 pour Pierre, sang, papier ou cendre, qui a reçu le Grand Prix du roman francophone au Salon international du livre d’Alger (Sila).
YASMINE CHOUIKH
Réalisatrice
Voyage en famille, du court- au long-métrage
Tombée dans le chaudron à sa naissance – son père, Mohamed, et sa mère, Yamina, sont tous deux réalisateurs –, elle a suivi les traces de ses parents. « À la maison, dit-elle, on parlait cinéma du lever au coucher du soleil. » En 1988, la petite Yasmine jouait l’actrice dans l’un des plus célèbres films de son père, La Citadelle. Depuis, elle est passée de l’autre côté de la caméra.
Après des études de psychologie à l’université de Bouzaréah – « il en faut pour réussir dans ce métier » précise-t-elle –, elle se lance donc elle aussi dans l’aventure cinématographique. En 2007, son premier court-métrage, El Bab (« La Porte »), a été sélectionné dans de nombreux festivals en Afrique, en Europe et en Asie. En huit minutes, elle y évoque les conditions de vie d’une femme algérienne, Samia, qui rêve de quitter un jour sa maison pour se libérer du joug familial et toucher du doigt la liberté.
À 26 ans, présentatrice d’une émission sur Canal Algérie et directrice artistique du Festival du court-métrage de Taghit, Yasmine Chouikh fait partie de la nouvelle vague de réalisateurs algériens (voir pp. 82-83) et est persuadée que, « avec un peu de moyens, on pourra faire des merveilles ». Elle travaille actuellement sur son premier long-métrage, Le Fils des djinns, produit par sa sœur, Amel.
FELLA ABABSA
Chanteuse
Diva à l’oriental
C’est d’abord une voix et un physique, dont la plastique avantageuse fait partie du spectacle, à la scène comme à la ville. Ronde et pulpeuse, Fella Ababsa fait fantasmer des milliers de fans.
Fille du célèbre barde de la chanson bédouine, Abdelhamid Ababsa, Fella a hérité de son père la voix chaude et suave. Aussi adulée dans les autres pays du monde arabe qu’en Algérie, elle remplit les salles partout où elle se produit.
source jeune Afrique
L’avenir sera féminin
par Faiçal le 24.nov, 2009, dans la catégorie Politique & Média
L’avenir sera fémininDans un pays réputé conservateur, la scolarisation massive des filles et l’ouverture du marché du travail aux femmes ont permis aux Algériennes de remporter quelques batailles dans la guerre pour la parité.
Il aura fallu attendre près d’un demi-siècle après l’indépendance du pays pour que l’Algérienne puisse transmettre sa nationalité à ses enfants nés d’un mariage avec un ressortissant étranger. Un décret présidentiel publié au Journal officiel du 7 février 2009 rend exécutoire cette disposition de la réforme de la loi sur la nationalité, adoptée en 2005.
Pourquoi l’Algérie moderne, née d’un combat libérateur dans lequel la femme a pris une large part, a-t-elle mis autant de temps pour accorder à cette dernière un droit pour le moins élémentaire ? Les conservatismes ont de tout temps primé le lyrisme égalitaire des textes fondateurs de la République. L’égalité entre les citoyennes et les citoyens a été virtuelle, sans pour autant donner naissance à un combat féministe organisé.
Il a fallu attendre les années 1980 et l’adoption, en 1984, d’un code de la famille confinant la femme au statut de mineure à vie pour que la société s’empare de la cause des droits de la femme en Algérie. Et si, un quart de siècle plus tard, cette législation inique n’a pu être abrogée, la situation des femmes algériennes a connu des avancées considérables, à l’image de ce nouvel acquis du 7 février 2009.
La démocratisation de l’enseignement est sans doute le slogan révolutionnaire des années 1960 le moins creux. La première année universitaire de l’Algérie indépendante (1962-1963) a vu l’inscription de 576 Algériennes. Aujourd’hui, ce chiffre a été multiplié par mille, puisqu’elles sont près de 600 000 sur les bancs des amphis et dans les laboratoires de recherche de la trentaine de campus que compte l’université algérienne.
La politique volontariste de scolarisation des filles est arrivée à bout des résistances et du conservatisme ambiant. Selon le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), l’amélioration des conditions de scolarisation à travers l’extension du réseau de cantines, le développement du transport scolaire et l’allocation de primes de scolarité a contribué à une sensible augmentation de la parité filles-garçons dans le primaire. Elle est passée de 0,81 en 1990 à 0,89 en 2004 (la norme imposée par les Objectifs du millénaire est de 0,87).
Pour l’enseignement secondaire, l’évolution est plus spectaculaire. En 1990, on comptait 87 lycéennes pour 100 lycéens. Aujourd’hui, elles sont 134 pour le même nombre de garçons. Cette tendance se confirme pour l’enseignement supérieur. Le taux de féminisation atteint 57 % sur l’ensemble des filières. Ce taux monte à 61 % en fin de cycle. Et si les étudiantes sont plus performantes que les « mâles » de leur promotion, cela n’est pas étranger à leur volonté de réussir pour gagner en indépendance et en affirmation de soi dans une société au machisme zélé.
Une révolution en marche
Tout cela n’est pas sans conséquences sur la perception du rôle de la femme dans la société. Aujourd’hui, notamment en milieu rural, où il y a quelques années à peine il était difficile de croiser une femme sur la voie publique (dépositaire de l’honneur de la tribu, elle était cloîtrée dans l’espace privé), la féminisation de l’élite a imposé sa présence à des échelons divers, de l’administration à l’entreprise, en passant par l’hôpital ou l’exploitation agricole moderne. Ce n’est pas la révolution, mais cela y ressemble.
Selon le Pnud, la population active féminine connaît une augmentation exponentielle, passant de 8,3 % de l’ensemble en 1991 à près de 18 % en 2006. Plus de la moitié des travailleurs du secteur tertiaire sont des travailleuses, plus du quart des effectifs de l’industrie est constitué d’employées et plus d’un agriculteur sur cinq est une agricultrice. Enfin, si la fonction publique est le premier employeur des femmes, qui sont 400 000 fonctionnaires, notamment dans les secteurs de l’éducation (50 % des effectifs) et celui de la santé, 60 % des femmes actives exercent dans le secteur privé.
Les différents dispositifs d’emploi profitent plus aux jeunes filles (50,5 %) qu’aux jeunes hommes, mais celles-ci demeurent minoritaires dans la micro-entreprise, où moins de 20 % des projets sont initiés par des promotrices.
Mais il ne faut pas croire que tous ces acquis ont été possibles sans concessions. Aucune étude ne le chiffre, mais l’écrasante majorité des salariées, qu’elles soient cadres ou simples exécutantes, portent le voile. Moins par conviction religieuse que pour simplement avoir la paix. « D’instrument de domination masculine, analyse Nadjat, psychologue dans un centre de gériatrie à Boumerdès, le voile est devenu l’outil qui garantit l’indépendance de la femme. Que ce soit dans le milieu rural ou dans une grande ville, un simple fichu sur la tête fait plus pour l’égalité entre les hommes et les femmes que toutes les lois de la République réunies. »
Est-ce pour autant un bémol aux incontestables avancées de la cause féministe en Algérie ? Non, si l’on en juge l’amélioration des conditions de l’autonomie des Algériennes. « Le travail de la femme ne constitue plus un simple revenu d’appoint pour le ménage, explique Nadjat. Les rapports entre conjoints s’en trouvent bouleversés comparés à ceux qu’entretenaient nos parents. »
Si l’on s’en tient à la seule faiblesse du taux de femmes dans la population active (moins de 20 %, un des plus faibles taux au monde) et au peu de postes à hautes responsabilités qu’elles occupent (5 %), on peut dire qu’en matière de parité, il y a loin de la coupe aux lèvres.
Cependant, les femmes ne cessent de gagner du terrain et prennent même le pas sur la gent masculine dans certains domaines comme le commerce, la justice, la presse, les professions médicales, où elles représentent plus de 60 % des effectifs.
source jeune Algerie
Rabah Saadane: « Il nous faut une politique sportive d’élite »
par Faiçal le 24.nov, 2009, dans la catégorie Politique & Média
Rabah Saadane: « Il nous faut une politique sportive d’élite »Pour le sélectionneur de l’équipe nationale, malgré les résultats encourageants des Verts, le football algérien n’est pas sorti de la crise. Et appelle une vraie réforme.
Joueur à Batna, Constantine, El-Biar, Blida et Rennes avant de passer à l’encadrement technique, à 62 ans, Rabah Saadane est de retour auprès des Verts depuis octobre 2007, en remplacement de Jean-Michel Cavalli, limogé après l’élimination de la sélection algérienne de la course à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2008. Une équipe nationale qu’il connaît bien pour l’avoir entraînée en 1981, 1984-1986, 1999 et 2003-2004.
Jeune Afrique : En septembre, avant le match contre le Sénégal en éliminatoires de la Coupe du monde et de la CAN 2010, vous avez dit que le football n’était pas la priorité des pouvoirs publics… ?
Rabah Saadane : Je ne l’ai pas vraiment dit comme cela. L’Algérie connaît des problèmes économiques comme beaucoup d’autres pays et l’on peut comprendre que le sport ne soit pas la principale préoccupation des autorités. Mais dans une société qui se veut moderne, le sport compte aussi. Or le budget qui lui est alloué en Algérie est maigre.
Certains ne risquent-ils pas de penser que vous vous mêlez de ce qui ne vous regarde pas ?
C’est possible. Mais je n’ai pas accepté de revenir pour la cinquième fois à la tête de l’équipe nationale pour me concentrer uniquement sur son cas. Je crois que le moment est venu de mettre en place une vraie politique d’élite et que l’État doit davantage s’impliquer en donnant des moyens à l’équipe nationale, mais aussi aux clubs.
Cela rappelle le credo des années 1970, quand l’État s’occupait de tout. Recette qui a perduré dans les années 1980, l’âge d’or du foot algérien…
Dans les années 1970, il y avait un professionnalisme socialiste. L’État donnait de vrais moyens à la sélection et aux clubs. Ces derniers étaient parrainés par de grosses entreprises, nationalisées, et ils étaient prioritaires pour l’utilisation des équipements sportifs. Aujourd’hui, les entreprises se contentent de sponsoriser et les clubs ont beaucoup de difficultés à profiter des installations, largement utilisées pour le sport de masse.
Quand l’État décidait, il y avait une vraie politique sportive, qui commençait au collège et se poursuivait au lycée. D’ailleurs, l’idée de remettre des moyens pour développer les lycées sportifs revient dans l’air du temps.
Quels bénéfices tirait l’équipe nationale de cette politique ?
Les joueurs étaient complètement professionnels, avec des salaires corrects, des primes et des avantages. Le championnat était d’un bon niveau. Les clubs étaient performants dans les compétitions continentales et il était possible d’organiser régulièrement des stages pour l’équipe nationale.
Il semble que l’Algérie reste sur sa participation aux Coupes du monde de 1982 et 1986. Et sa victoire lors de la CAN 1990 à Alger…
C’est exactement ça ! À partir de 1990, le désengagement des entreprises nationales a commencé, puis s’est accéléré. L’État continuait à verser des subventions, des mécènes donnaient de l’argent à certains clubs, mais cela ne suffisait plus. Ensuite, il y a eu les graves événements que l’on sait… Bref, tout ou presque se concentrait sur l’équipe nationale et, dans le même temps, on a privilégié la masse à l’élite.
Cette nostalgie des années 1980 concerne-t-elle aussi la sélection ?
Bien sûr. Mais il faut passer à autre chose. Le pays est resté figé sur cette génération dorée. On ne parle que d’elle, vingt ans après !
Depuis, les clubs sortent moins de joueurs car ils n’ont ni les moyens, ni les conditions nécessaires pour bien travailler. Certains d’entre eux sont presque SDF, et pas des moindres : le Mouloudia d’Alger, l’USM Alger… La capitale compte cinq clubs sur 2 km2 : El-Harrach, Hussein-Dey, Kouba, Belcourt et OM Ruisseau, qui a été relégué en D2. Tous ont un mal fou à trouver des terrains d’entraînement et un stade ! Celui du 5-Juillet, à Alger, est fermé. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous n’avons pas pu recevoir l’Uruguay en match amical le 11 février 2008. Les Sud-Américains étaient d’accord pour nous affronter, mais dans la capitale. Finalement, l’Algérie a accueilli le Bénin à Blida… Et puis nous avons perdu des clubs (comme Tlemcen, Mostaganem), qui fournissaient des joueurs à la sélection. Résultat : notre championnat est faible, les clubs ne brillent plus en Coupes d’Afrique et les joueurs n’ont pas une mentalité assez professionnelle.
Cela étant, la sélection n’est pas uniquement composée de locaux…
Heureusement, nous avons des joueurs comme Bougherra et Hemdani (Glasgow Rangers), Ziani (Marseille), Belhadj (Portsmouth), Djebbour (AEK Athènes), qui sont nés en France et ont été formés dans des clubs français. Ils y ont appris les exigences du professionnalisme. En Algérie, on arrive à sortir de bons joueurs, mais il leur manque la culture tactique et technique. Il serait profitable au foot algérien que les jeunes talents détectés soient placés dans des clubs en Europe pour progresser.
Vos bons résultats génèrent une vague d’optimisme. Cela vous inquiète ?
Oui. Nous venons de nous qualifier pour le deuxième tour des éliminatoires jumelées de la CAN et de la Coupe du monde 2010 en éliminant le Sénégal, le Liberia et la Gambie. Et j’entends partout que nous allons nous qualifier pour le mondial. Cela reste possible, mais nous devons affronter l’Égypte, la grande favorite, qui a remporté deux titres successifs de championne d’Afrique, 2006 et 2008, pendant que l’Algérie était à la maison… Alors ne nous trompons pas, l’objectif est de se qualifier pour la CAN 2010 en Angola.
Nous avons réussi à aller jusqu’en quarts de finale de la CAN 2004 en Tunisie mais, jusque-là, l’Algérie n’avait plus aucun résultat. Les clubs non plus. Le dernier à avoir gagné une compétition africaine est le JS Kabylie, avec la Coupe de la CAF, en 2002. Il faut s’inspirer de la Tunisie et de l’Égypte, qui dominent le football africain. Ils ont un championnat de bon niveau, structuré, et une organisation beaucoup plus professionnelle. Ici, on attend toujours que l’équipe nationale obtienne des résultats pour redémarrer… Mais la sélection n’est pas tout !
Valse des sélectionneurs et mauvaise ambiance entre joueurs sont parmi les raisons avancées pour expliquer les mauvais résultats de la sélection ces dernières années. Qu’en pensez-vous ?
Il est évident que changer trop souvent de sélectionneur n’est jamais bon. Cela n’a pas aidé la sélection. Quant aux relations entre joueurs, elles sont bonnes. J’avais en effet entendu parler de tensions dans la sélection, mais aujourd’hui tout va bien.
Êtes-vous de ceux qui estiment que les joueurs étrangers freinent la progression des locaux ?
Nos clubs travaillent peu au niveau de la formation. Alors qu’au Mali ou au Burkina Faso, des écoles de foot sortent de jeunes joueurs, qui passent par le championnat algérien, lequel constitue pour eux un tremplin avant d’aller en Europe. Ce n’est pas forcément une bonne chose pour le football algérien, car, ponctuellement, ces joueurs prennent la place de jeunes locaux.
En tant que sélectionneur national, disposez-vous de moyens suffisants ?
Honnêtement, oui. Je vais régulièrement en Europe superviser et rencontrer les internationaux qui y évoluent. Fin décembre et début janvier, j’étais en Ouganda pour la Coupe de la CECAFA, pour observer la Zambie et le Rwanda. Lorsque nous sommes en stage, la fédération nous loge dans de bons hôtels. Les problèmes de primes sont réglés à l’avance [en cas de qualification pour la CAN 2010, chaque joueur touchera 20 000 euros ; si l’équipe se qualifie pour la Coupe du monde 2010, la prime grimpera à 100 000 euros, NDLR]. Ce sont des soucis en moins et les discussions financières ne viennent plus parasiter les regroupements de la sélection.
source jeune Afrique
Sahara nucléaire
par Faiçal le 24.nov, 2009, dans la catégorie Politique & Média
Sahara nucléaireDjamel Ouahab revient sur les essais menés par la France dans le Sud algérien de 1960 à 1966. Au témoignage de ceux qui vivaient près d’Hamoudia se mêle celui de vétérans français. Comme autant de victimes…
Un documentaire sur mesure pour ceux qui ignoraient encore l’existence des essais nucléaires français au Sahara algérien, entamés en 1960 et poursuivis après l’indépendance, jusqu’en 1966… Gerboise bleue, du Franco-Algérien Djamel Ouahab, sorti le 11 février dernier sur les écrans français, porte le nom du premier d’entre eux, lancé le 13 février 1960. Le film sera projeté en avant-première le 24 février à Alger.
Le documentaire s’ouvre avec le premier colloque international organisé sur le sujet à Alger, les 13 et 14 février 2007. À la tribune, plusieurs personnes défilent. Toutes témoignent, en français et en arabe, de ce qu’elles ont vécu il y a plus de quarante ans. Elles vivaient alors près d’Hamoudia et d’In Ekker, dans le Sud algérien, où la France a procédé, six années durant, à dix-sept tirs nucléaires.
C’est par hasard, en 2002, que Djamel Ouahab, au détour d’une discussion en famille, en a appris l’existence. « Je n’y ai d’abord pas cru, tellement ça me semblait énorme », se souvient-il. Il entame des recherches sur Internet, rassemble les informations et découvre l’existence de l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven), qui se bat afin que le statut de victimes soit reconnu pour les militaires français qui ont participé à ces essais, le plus souvent à leur insu.
Retour au point zéro
Djamel Ouahab filme les premiers entretiens en 2005. Mais il a du mal à retrouver des témoins. Grâce à Michel Verger, de l’Aven, il rencontre Gaston Morizot, un jeune militaire muté à Hamoudia à la fin des années 1950. Il en fait le témoin clé de son documentaire, avec Lucien Parfait, énucléé et défiguré. « Gaston n’avait jamais parlé de ce qu’il a vécu, même pas à sa propre famille, explique Ouahab. C’est terrible, ce sentiment de culpabilité et de honte que traînent les vétérans. » Gaston a été difficile à convaincre. Cette part de son passé est associée à trop de douleur. Et pas seulement physique.
Le documentaire se concentre alors sur son retour au « point zéro », à Reggane, d’où a été lancée Gerboise bleue. Un retour tel un voyage cathartique, que la caméra suit avec le plus de tact possible. « On voit combien Gaston a été ému par l’accueil des Algériens. Même les militaires qui nous escortaient étaient aux petits soins pour lui », raconte le réalisateur.
source jeune Afrique
Enfin une nouvelle vague
par Faiçal le 24.nov, 2009, dans la catégorie Politique & Média
Enfin une nouvelle vagueVéritable serpent de mer de la politique culturelle, la relance du septième art refait surface depuis quelques mois. Et il semble que cette fois-ci pourrait être la bonne.
Mascarades, le dernier film du jeune Lyes Salem (né en 1973 à Alger), semble enfin sonner le signal. Sorti sur les écrans algériens en septembre dernier et en décembre en France, il a raflé une dizaine de prix, dont celui du meilleur film arabe au 32e festival du Caire et le Valois d’Or du festival francophone d’Angoulême, et fait partie de la sélection du 40e Fespaco à Ouagadougou (28 février-7 mars) et du 25e festival Pan-Africa international de Montréal (16-26 avril).
Lyes Salem, qui a déjà reçu un oscar en 2003 pour son court-métrage Cousines, est loin d’être le seul à incarner ce réveil. D’autres réalisateurs se sont fait remarquer en Algérie et à l’étranger en 2008 : Amor Hakkar avec La Maison jaune (également en lice pour le Fespaco), Tarik Teguia avec Roma Oula Ntouma (Rome plutôt que vous) ou encore Malek Bensmaïl avec La Chine est encore loin. Alors, peut-on parler de renouveau du cinéma algérien ? Ce moribond vivote depuis vingt ans sur le souvenir de son glorieux passé international, dont l’acmé reste la Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar-Hamina, Palme d’or au Festival de Cannes en 1975 – la première et seule à ce jour pour l’Afrique –, et l’Omar Gatlato de Merzak Allouache, en 1976. Sans oublier le rôle de la Cinémathèque d’Alger, dirigée pendant trente ans par le passionné et combatif Boudjemâa Karèche.
Le passé démystifié
Nostalgique des années fastes, des Djamel Chanderli, Yacef Saadi, Mostefa Lachref, Ahmed Rachedi… l’Algérie continuait de célébrer son cinéma, né dans le maquis sous les auspices d’un René Vautier, d’un Jacques Charley – parmi les cinéastes français qui ont « formé » les premiers réalisateurs du pays – ou d’un Henri Langlois, l’un des fondateurs de la Cinémathèque française.
Mais l’autocélébration s’est faite de plus en plus discordante, au vu du déclin, puis de la traversée du désert, des décennies 1980 et 1990, au cours desquelles peu de films ont marqué le box-office. La faute, entre autres, à un réseau de distribution défaillant, au manque de salles et à l’abandon du septième art par les pouvoirs publics.
Or les temps semblent changer. Deux événements ont donné un premier coup de pouce à la production algérienne : l’Année de l’Algérie en France, en 2003, et Alger capitale de la culture arabe 2007 (dans le cadre duquel vingt longs-métrages ont été produits). La ministre de la Culture, Khalida Toumi, a par ailleurs marqué sa volonté de revivifier le cinéma algérien : programme de réhabilitation des salles (nationalisées en 1964 par Ben Bella, une partie d’entre elles a été privatisée au début des années 1980), hausse des aides à la production, etc. « Il y a vraiment une volonté politique d’accompagner la renaissance du cinéma algérien », souligne Ahmed Bedjaoui, expert ès cinéma et conseiller spécial de la ministre.
Certes, les problèmes de financement demeurent mais, depuis l’an dernier, le plafonnement des subventions de l’État à 100 000 euros a été supprimé et un accord de coproduction entre la France et l’Algérie a été signé. L’occasion de souligner que la plupart des grands succès estampillés « films algériens » qui passent les frontières sont des coproductions, le plus souvent franco-algériennes. Le financement algérien est encore minoritaire, de l’ordre de 15 % à 20 % dans le meilleur des cas. Et si le renouveau du cinéma algérien passait par cette réconciliation des deux rives ? Encore faut-il ne pas omettre le travail des jeunes réalisateurs et acteurs au pays qui, non médiatisés, sont ceux qui luttent le plus durement sur le terrain.
L’avenir est aux multiplexes
Cependant, comment parler véritablement de cinéma algérien si le public n’est pas au rendez-vous ? Les Algériens ont déserté les cinémas au début des années 1980. Sur 400 salles en 1962, plus de 360 ont ainsi aujourd’hui disparu, la vidéo remplaçant la pellicule. Tous les hommes de cinéma, dont Bedjaoui, en conviennent : l’urgence est à la réhabilitation des salles, ainsi qu’au renforcement d’un réseau de producteurs et de distributeurs. Lyes Salem ne manque d’ailleurs pas de saluer le responsable de Laïth Media, qui a coproduit et distribué son film en Algérie : « Yacine Laloui a fait en sorte de sortir Mascarades dans toutes les grandes villes du pays, ce qui n’était pas arrivé à un film algérien depuis des années. »
À l’heure du DVD, comment réconcilier les Algériens avec le cinéma ? Ahmed Bedjaoui en est convaincu, « l’avenir est aux multiplexes », dont le premier doit ouvrir mi-2009 à Bab Ezzouar, en banlieue d’Alger. D’autres sont en projet à Oran, Sétif et Annaba.
source jeune Afrique
Demain, le Sud
par Faiçal le 24.nov, 2009, dans la catégorie Politique & Média
Demain, le SudPendant quarante ans, on fit peu de cas du quotidien des populations du Sahara. Comme si ce dernier se résumait à ses immenses réserves pétrolières et gazières. Aujourd’hui, il se modernise et s’urbanise.
S’il représente 80 % du territoire national et abrite une bonne part de ses ressources, avec les gisements d’hydrocarbures que recèle son sous-sol, le sud du pays fut longtemps le parent pauvre des opérations de développement lancées depuis l’indépendance. C’est pourquoi, en 2005, un programme spécial a été conçu au profit des dix wilayas qui le composent : Adrar, Béchar, Biskra, El Oued, Ghardaïa, Illizi, Laghouat, Ouargla, Tamanrasset et Tindouf.
L’enveloppe consacrée à ce programme est estimée à 380 milliards de dinars (5,5 milliards de dollars), dont quelque 40 milliards pour la construction de la ville nouvelle d’Hassi Messaoud (voir encadré) et 50 autres dédiés au seul projet de transfert d’eau potable, sur les 700 kilomètres qui séparent l’importante nappe albienne de la région d’Aïn Salah et Tamanrasset. Ville dont l’Algérie veut faire le pôle socio-économique de la bande sahélienne (qui s’étale sur cinq pays d’Afrique subsaharienne). À ces budgets s’ajoutent 300 milliards de dinars accordés au titre du programme quinquennal de soutien à la croissance (2005-2009).
Le premier objectif du programme « Spécial Sud » est d’améliorer les conditions de vie des populations méridionales à travers la réalisation de 60 000 logements, la création de campus universitaires dans chacun des chefs-lieux de wilaya (soit plus de 10 000 places pédagogiques supplémentaires et des cités universitaires d’une capacité totale de 7 500 lits). Sans oublier la construction de 9 centres hospitaliers universitaires (CHU), une vingtaine d’unités de soins légers et 13 centres spécialisés.
En deux ans, la vie de nombreux patients a déjà changé. Désormais, des villes comme Djanet, Béni Abbas, dans la région de Béchar, ou encore Timimoun, disposent de leur propre unité d’hémodialyse, épargnant ainsi aux malades de longs et coûteux transferts vers les hôpitaux du nord du pays.
Outre ce gigantesque programme d’investissements publics, le sud du pays a été choyé par le Schéma national d’aménagement du territoire (Snat 2025), dont l’un des objectifs est de rationaliser l’occupation de l’espace. En l’occurrence, si le Sahara représente 80 % de la superficie du pays, la densité de population y est faible et moins de 5 % des 36 millions d’Algériens y habitent. Il s’agit donc d’y développer les villes et villages pour, d’une part, fixer les populations et, d’autre part, y attirer les populations urbaines et rurales du nord de l’Algérie. Et, pour cela, « il ne suffit pas de construire des universités et des hôpitaux, explique Mezhoud Abdelali, architecte originaire de la capitale et récemment installé dans la région de Biskra. Il faut créer une qualité de vie pour attirer et séduire les cadres qui doivent les faire fonctionner ».
Un sacré défi…
Alors, comment rendre « confortables » des villes où la température atteint péniblement les 5 °C la nuit et dépasse allègrement les 35 °C le jour, où les produits maraîchers sont rares et chers, et où les distances entre les grandes agglomérations se comptent en centaines de kilomètres nécessitant des déplacements en avion ? Si les investissements consentis ces trois dernières années laissent espérer que l’on pourra y parvenir, cela n’exclut pas la nécessité d’une politique volontariste en matière de subventions des billets d’avion ou du prix du kilowattheure (climatiseurs et frigos obligent, la facture d’électricité grève lourdement le budget des ménages).
Par ailleurs, la diversification de l’économie saharienne nécessite de développer la production agricole destinée à la consommation locale. Plus de 17 milliards de dinars y ont été consacrés. Et, pour motiver les exploitants, 3 milliards de dinars ont été affectés à la bonification des taux d’intérêt des crédits bancaires contractés par les agriculteurs des wilayas du Sud. Un montant similaire a été alloué au domaine culturel, afin de doter les grands centres urbains du Sahara d’une bibliothèque (19 doivent être réalisées d’ici à 2010), d’une salle de théâtre ou de concerts, d’un conservatoire de musique et d’un musée.
Cet hiver a été particulièrement rude pour le Sud algérien. Tour à tour, les régions de Ghardaïa, Béchar, Adrar et du Hoggar (Djanet et Tamanrasset) ont subi des intempéries, qui ont coûté la vie à des dizaines de personnes, endommagé près de 10 000 maisons et détruit nombre d’infrastructures de communication. Mais, à quelque chose malheur est bon, et l’aisance financière du Trésor public a permis de dégager des sommes supplémentaires, qui viennent grossir le programme Spécial Sud : 200 milliards de dinars ont été alloués à la réhabilitation de la vallée du M’zab. Cette somme doit permettre une totale reconfiguration de la ville de Ghardaïa pour mieux répartir son habitat. Les maisons détruites étaient principalement celles des bidonvilles construits sur le lit de l’Oued qui, en novembre dernier, a tout emporté dans sa furie. Désormais, de nouvelles cités, modernes, seront érigées loin du centre-ville, qui disposera d’une véritable « corniche » sur le M’zab enfin débarrassé des bidonvilles qui encombraient ses rives.
La révolution mobile
par Faiçal le 24.nov, 2009, dans la catégorie Politique & Média
La révolution mobilePlus de 28 millions d’abonnements et un grand nombre d’Algériens totalement accros à leur portable. De campagnes publicitaires en offres promotionnelles, les trois opérateurs présents se livrent une guerre acharnée.
En 1999, il fallait avoir le bras long, connaître un ministre ou un haut responsable, pour avoir le privilège de décrocher une puce. En 2009, il suffit de vous rendre dans n’importe quel kiosque multiservice pour en acheter autant que votre portefeuille vous le permet. On mesure la révolution du mobile à l’aune de cette comparaison. En moins de dix ans, le téléphone mobile est devenu un produit de consommation aussi « indispensable » que la parabole, le téléviseur, le réfrigérateur, la voiture ou le lecteur DVD. Alors qu’auparavant il était l’apanage des seuls officiels, hommes d’affaires ou gosses de riches, le portable s’est aujourd’hui tellement démocratisé qu’il a fini par influer sur les mœurs et le mode de vie des Algériens. « Le ménage algérien paie plus en communications qu’il ne consomme en électricité et en gaz chaque mois », affirme Abdelkrim Allem, journaliste au quotidien francophone Liberté. Selon les derniers chiffres fournis par l’Autorité de régulation de la poste et des télécommunications (ARPT), en novembre 2008, l’Algérie comptait 28,4 millions d’abonnés pour une population de 34 millions d’habitants, soit un taux de pénétration de 83,2 %. C’est dire si le mobile a connu un boom « stratosphérique ».
Les vertus de la libéralisation
À ses débuts, le secteur de la téléphonie mobile relevait du monopole de l’État. L’opérateur public Algérie Télécom étant dans l’incapacité de répondre aux milliers de demandes, l’acquisition d’un téléphone portable devenait un véritable parcours du combattant. Tant et si bien qu’au début de l’année 2000 on ne recensait que 54 000 usagers. Une goutte d’eau.
La vraie révolution commence en 2001, lorsque les autorités algériennes décident d’ouvrir le secteur à la concurrence. Premier opérateur privé étranger à acquérir la deuxième licence de type GSM (pour un montant de 737 millions de dollars), l’égyptien Orascom Telecom Algérie (OTA) lance la marque Djezzy, avant que l’opérateur historique, Algérie Télécom, ne crée à son tour sa filiale, Mobilis, en août 2003. Dernier arrivé sur le marché, le koweïtien Wataniya Telecom décroche la troisième licence en décembre 2003 (pour 421 millions de dollars) et, six mois plus tard, crée sa marque, Nedjma (voir « 3 questions à… »). Cette ouverture a également permis la création de 7 500 emplois directs et quelque 200 000 autres indirects (KMS, fournisseurs Internet, points de vente, etc.).
En quatre ans, la croissance a été phénoménale : de 2 millions d’abonnés au mobile en 2004, l’Algérie est devenue, en 2008, le pays qui concentre le plus grand nombre d’usagers dans le monde arabe, derrière l’Égypte. Les trois opérateurs régnant sur un marché qui génère globalement plus de 3 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an.
Le marketing en bandoulière
Si la téléphonie a connu une formidable croissance, elle le doit certainement à cette concurrence acharnée – certains parleront de guerre féroce – que se livrent Djezzy, Mobilis et Nedjma pour conquérir de nouveaux abonnés et fidéliser leurs clients.
Utilisateur assidu du mobile, l’Algérien dépense en moyenne 658 dinars (un peu plus de 7 euros) par mois pour ses communications téléphoniques. On comprend alors les trésors de séduction que déploient les trois opérateurs pour charmer la clientèle.
Campagnes de promotion, réductions de tarifs, forfaits et rechargements gratuits, rien n’est trop beau pour attirer les consommateurs. Des concours avec, à la clé, des téléviseurs, des voyages et même des appartements, sont régulièrement organisés via la radio, la télévision et la presse écrite. En mai 2006, Nedjma avait frappé fort en s’achetant les services de la star du football Zinedine Zidane, immensément populaire en Algérie, le pays d’origine de ses parents, pour assurer la promotion de la marque. Pour un montant gardé secret, l’ancien capitaine de l’équipe de France a donc tourné un spot pour vanter les mérites de l’opérateur, lui faisant gagner des milliers de nouveaux clients.
Marketing et communication sont ainsi devenus des armes de conquête massive. Si bien que la téléphonie mobile est devenue le premier annonceur privé, tous médias confondus, en Algérie. En 2007, selon des chiffres officiels, les trois opérateurs ont dépensé 32 millions d’euros pour promouvoir leurs divers produits.
Tout porte à croire que la croissance du secteur n’est pas près de s’arrêter. Une étude réalisée par le cabinet de conseils et d’analyses irlandais Research and Market, rendue publique l’an dernier, indique que l’Algérie recèle encore de formidables potentialités d’expansion : elle prévoit que, d’ici à 2010, le taux de pénétration de la téléphonie mobile passe de 82,5 % à 104,3 % et le nombre d’abonnements de 28,5 à 36 millions. Une croissance qui pourrait, en outre, être dopée par l’attribution prochaine de licences mobiles 3G, le développement des réseaux à larges bandes (GPRS), ainsi que l’essor de la téléphonie sur Internet (VoIP). Cependant, aucune date n’est encore avancée quant au lancement de ces nouvelles technologies.
source jeune Afrique
Les opérateurs étrangers ont répondu présent
par Faiçal le 24.nov, 2009, dans la catégorie Politique & Média
Les opérateurs étrangers ont répondu présentLe pays est devenu une destination privilégiée pour les entrepreneurs du monde entier. Encore faut-il que les bénéfices générés profitent aux Algériens…
Pour avoir une idée de l’engouement des investisseurs étrangers pour l’Algérie, il suffit de faire un tour au Business Center qui jouxte l’hôtel Hilton d’Alger. Sur les quinze étages que compte cette tour d’affaires ultramoderne, tous les bureaux, ou presque, sont occupés par des compagnies internationales : Thales, Michelin, Air France, ENI, Ernst &Young, Microsoft, Pfizer, etc.
Il y a dix ans, l’Algérie était considérée comme un pays à risques, où il n’était pas aisé de faire des affaires. Terrorisme, bureaucratie handicapante, absence de réformes, manque de lisibilité politique… Autant d’obstacles qui dissuadaient toute velléité d’implantation étrangère. Dix ans plus tard, la donne a radicalement changé. Premier signe de cette métamorphose : le retour des compagnies aériennes européennes. Après avoir boudé les aéroports du pays à cause des menaces terroristes, la nouvelle stabilité politique a incité British Airways, Lufthansa, Iberia et Air France (après un embargo aérien de près de neuf ans, de 1994 à 2003) à investir de nouveau le ciel algérien.
Retours et nouveaux venus
Dès son élection en 1999, Bouteflika a fait du retour des investisseurs l’un des principaux axes de son programme. Pour rendre la destination Algérie plus attractive, le chef de l’État a d’abord fait mettre en œuvre une batterie de mesures. Parmi lesquelles la réforme du secteur bancaire, qui a abouti à la levée du monopole d’État et a permis à de grands établissements financiers internationaux – Société générale, BNP Paribas, Citibank, Santander et autres Cetelem – de s’installer en Algérie et d’ouvrir des succursales aux quatre coins du pays. Une expansion à laquelle le président Bouteflika a apporté une petite condition, le 8 septembre dernier, en annonçant que les banques étrangères exerçant en Algérie seront contraintes de consacrer une partie de leurs fonds à l’investissement productif, et pas seulement au soutien des importateurs ou à la promotion du crédit à la consommation.
Par ailleurs, le code des investissements, réformé en août 2001, a offert une série d’avantages fiscaux. Il s’agit notamment de l’application du taux réduit en matière de droits de douane pour les équipements importés dans le cadre de la réalisation de l’investissement, de l’exonération de l’impôt sur le bénéfice annuel, de l’impôt sur le revenu global ou encore de la franchise de TVA sur les biens et services. Bien que les autorités algériennes y aient introduit dernièrement des changements notables (voir encadré), cet arsenal aura joué un rôle majeur dans le retour des investisseurs étrangers et l’amélioration du climat des affaires. « Ce code, ainsi que le soulignait l’été dernier Johannes Westerhoff, l’ambassadeur d’Allemagne à Alger, est l’une des législations les plus favorables à l’essor de l’investissement en Afrique. »
Bien entendu, tout cela aurait eu moins d’impact sans une conjoncture extrêmement favorable. En effet, grâce à l’envolée du prix du pétrole, l’Algérie a pu engranger des milliards de dollars au cours des dix dernières années : à la fin de 2008, les réserves de change du pays s’élevaient à 138,35 milliards de dollars. Du coup, l’État a eu les moyens – et la volonté – de lancer un gigantesque programme pour doter le pays des grandes infrastructures qui lui faisaient défaut, dont la réalisation a été confiée, pour une grande part, à des compagnies françaises, espagnoles, italiennes, américaines, chinoises, japonaises ou turques.
Une émulation généralisée
L’Algérie est un vaste chantier, se plaisent à dire ceux qui s’y rendent. Et pour cause. Il n’y a pas un seul secteur d’activité qui n’ait suscité l’intérêt des hommes d’affaires étrangers. Lancé en 2006, le chantier des 1 200 kilomètres de l’autoroute est-ouest, qui sera achevé l’an prochain, a été confié à deux consortiums asiatiques, l’un japonais (Cojaal) et l’autre chinois (Citic-CRCC). Et c’est également à des Chinois que l’on a confié la construction de milliers de logements dans les grandes villes du pays. Dans la construction, en plus de ces nouveaux venus, il faut souligner le retour en force du cimentier français Lafarge, qui, depuis l’acquisition de son rival égyptien Orascom Cement en janvier 2008, n’a cessé de multiplier ses investissements en Algérie.
Côté transports, la gestion de l’aéroport international d’Alger a été confiée au français ADP Management (Aéroports de Paris) pour quatre ans. La réalisation du métro d’Alger est échue à l’allemand Siemens, et sa gérance (pour huit ans) à la régie française RATP. Et Alstom assure la construction des tramways d’Alger, Oran et Constantine et entreprend de rénover les réseaux ferroviaires.
Même émulation chez les grandes marques internationales, du prêt-à-porter au bien-être, qui ont ouvert des boutiques franchisées (Celio, Mango, Adidas, Jeff de Bruges, Yves Rocher, etc.), ou encore dans la téléphonie mobile (voir pp. 78-79), où l’égyptien Orascom (Djezzy) et le koweïtien Wataniya (Nedjma) se partagent le marché avec l’opérateur historique Algérie Télécom (Mobilis).
Sans oublier, bien entendu, les majors pétrolières qui explorent les vastes champs pétroliers dans le sud, parmi lesquelles le français Total, les américains Anadarko, Mobil, Philips, le canadien Petro-Canada, le britannique British Petroleum ou encore l’espagnol Repsol.
Cet attrait a eu pour conséquence une très forte hausse des investissements directs étrangers (IDE), qui s’est accélérée ces trois dernières années. Hors hydrocarbures, l’Agence nationale pour le développement de l’investissement (Andi) a enregistré 5,25 milliards de dollars d’investissements en 2008, contre 3 milliards en 2006. Les investissements en partenariat entre Algériens et étrangers ont atteint 3,7 milliards de dollars l’an dernier (contre 1,45 milliard en 2007). Selon les dernières statistiques, plus de 2 600 entreprises étrangères opèrent en Algérie, originaires de 70 pays. Près de 30 000 travailleurs étrangers ont été recensés, dont 20 000 ouvriers et ingénieurs chinois.
source jeune Afrique